Vous êtes ici : Accueil | comptes-rendus | Compte-rendu Philo-Sorgues du 15 novembre 2013

Compte-rendu Philo-Sorgues du 15 novembre 2013

« Le lien social : l’indignation »

 

Ce dernier vendredi, dans le cadre des soirées Philo-Sorgues organisées par la Société Littéraire, avec  Pierre Pasquini, tel était le thème proposé. 

Depuis la publication de l’essai de Stéphane Hessel « Indignez-vous ! » l’on est amené à se poser des questions sur la nature du sentiment d’indignation, son utilité, sa contribution à l’établissement d’un lien social.

 

Dans l’antiquité, Aristote se refuse à assimiler l’indignation à la pitié que peut inspirer le malheur d’autrui ou à l’envie que l’on peut ressentir devant la réussite jugée imméritée de certains de ses contemporains. Néanmoins, ce sentiment repose sur la prise de conscience d’une hiérarchie : il est une « puissance » responsable du malheur de certains ou susceptible de favoritisme pour d’autres. Plus tard, au XVIIe siècle, Spinoza, plus égalitairement, estime que l’indignation résulte de la colère, voire de la haine à l’encontre des responsables des malheurs d’autrui contre lesquels un individu isolé est désarmé. A partir du moment où une concertation entre les opprimés peut s’établir, « l’union fait la force » (devise de la Belgique) et permet donc de surmonter la crainte qu’inspire le pouvoir. L’indignation partagée apparaît alors comme élément du lien social et interdit donc au pouvoir de faire n’importe quoi, bien obligé de reconnaître la puissance du nombre. Si, malgré l’indignation de la multitude, le pouvoir s’obstine, l’indignation peut céder le pas à la colère puis à la haine et conduire à une épreuve de force.

Adresse courriel : societe.litteraire.sorgues@wanadoo.fr
tél. : 04.90.39.10.88 / 06.78.26.56.16
Siège social : Mairie de Sorgues – Local : Château Gentilly