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« Fiction et réalité. 2 . Dépasser la fiction »

Compte-rendu Philo-Sorgues du 20 février 2015

«  Fiction et réalité. 2 . Dépasser la fiction »

Ce dernier vendredi, dans le cadre des soirées Philo-Sorgues organisées par la Société Littéraire, Pierre Pasquini, agrégé de philosophie, nous entretenait du dépassement de la fiction.

Il nous avait été précédemment donné de tracer les frontières du réel. A l’heure où l’on se gargarise d’expressions vantant la libre circulation des gens et des biens (mais pas toujours des idées !) comment passe-t-on ces frontières, dans un sens comme dans l’autre, entre la réalité et la fiction ? 

 

De la réalité à la fiction 

Dès l’antiquité se sont multipliés les ouvrages à vocation éducative aux titres voisins du « De viris illustribus » dont fait état Marcel Pagnol (Le temps des secrets). L’exposé de faits héroïques et édifiants devait être une incitation à la « Vertu ».

Les responsables politiques n’agissent pas autrement en proposant en exemples les « performances » de Stakhanov en Russie ou « l’élévation de pensée » de Martin Luther King aux Etats-Unis.

Les réclames qui ont précédé la publicité se fondent sur des fictions aux allures de réalités destinées à convaincre un public dont la crédulité l’emporte souvent sur la raison.

De la fiction à la réalité 

Les drames quotidiens dont sont victimes les malheureux aspirant au « paradis » que représente pour eux l’Europe, sont tels qu’ils peuvent nous paraître inimaginables. Et pourtant… le livre prémonitoire « Le camp des saints » de Jean Raspail date de 1973. La réalité dépasse outrancièrement la fiction ! 

Dans un souci typologique ou normatif un vocabulaire « fictif » a pu se forger pour rendre compte de réalités diversifiées mais concomitantes. Il en est ainsi des termes de « féodalité » et de « vassalité » donnés à des systèmes dont les acteurs, puissants ou faibles, ont des droits et des devoirs bien définis. Au risque de surprendre le lecteur, les phénomènes mafieux, à leur origine, ne se voulaient-ils pas redresseurs de torts, défenseurs des malheureux ? Tels des Robin des Bois, Mandrin et autres Zorros.

Ce vocabulaire, adapté ou imposé, est devenu au fil du temps « article de foi ». Même s’il est parfois maladroit : « les quatre coins de l’hexagone » (Messmer, alors ministre de l’Education Nationale).

« Les immigrés de seconde ou troisième génération (expression rendant compte de la non-intégration de minorités dans la communauté nationale). 

Le rédacteur de ce compte rendu, conscient de n’avoir point saisi toutes les subtilités du discours magistral, s’est laissé aller à privilégier les réflexions qu’il lui a suscitées. Il sollicite l’indulgence de tous.