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« Mener une vie simple : une fiction utile ?»

 Compte-rendu Philo-Sorgues du 29 mai 2015 

Ce dernier vendredi, dans le cadre des soirées Philo-Sorgues organisées par la Société Littéraire, Pierre Pasquini nous entretenait de l’utilité de la fiction d’une vie simple. On prétend que lorsque l’on pose une question à un jésuite, celui-ci ne sait que répondre par une autre question. La question qui nous est posée aujourd’hui semble en soulever au moins deux :

- primo- S’adresse-t-elle à un individu ou à la communauté ? Le comportement individuel de l’ermite qui s’isole ou du moine qui se cloître dans un couvent ne paraît pas être l’objet de l’interrogation. Ce serait plutôt à la société de se déterminer en la matière. 

- secundo- Le contraire de la « simplicité » est-il « complexité » ou « diversité » ? La réponse peut être ambivalente. Le « cosmos » est certes d’une complexité extrême. Bon nombre de ses lois sont encore inconnues ou ne sont accessibles qu’à une élite. Par ailleurs le « monde » est aussi très divers. Il suffit de songer au nombre d’espèces animales ou végétales qui coexistent sur notre Terre. 

 

L’accent mis actuellement sur la recherche d’une simplification des règles qui nous gouvernent laisse penser que bon nombre d’entre elles peuvent être superflues. Saint-Exupéry est même allé jusqu’à estimer que la « perfection » (si elle existe en la matière) ne pouvait être atteinte que lorsqu’il n’y a plus rien à en retrancher. 

« Mener une vie simple » peut relever d’une soumission totale aux règles édictées, par résignation ou contrainte, ou, au contraire, d’un sursaut contre les astreintes jugées castratrices. Ce comportement « actif », parfois subversif, à pour motivation la recherche d’une certaine harmonie : l’on peut y donner diverses appellations : égalité, fraternité, solidarité… Cette harmonie peut être la source de satisfactions autrement plus gratifiantes que les jouissances auxquelles conduisent l’ambition ou la cupidité. 

Le rédacteur de ce compte rendu a estimé, peut-être à tort, que l’extrême diversité qui marque la nature a vraisemblablement inspiré les premiers cultivateurs. Avec le temps ceux-ci ont amélioré des systèmes de polyculture qui ont permis à une paysannerie prépondérante de nourrir le monde et de se perpétuer jusqu’à la fin du XIXe siècle. Une monoculture pérenne (oléiculture, viticulture) était réservée aux régions difficiles, tandis qu’une quasi monoculture annuelle se développait sur les terres particulièrement fertiles en respectant des assolements judicieux. Puis la grande culture spécialisée s’est imposée pour de multiples raisons. Elle fait appel à des pratiques entraînant des dommages collatéraux longtemps insoupçonnés. Un retour à des pratiques d’agriculture « raisonnée » se met progressivement en place au grand dam des industriels de la chimie ! Ce faisant on suit les enseignements des fins agronomes que furent El Awam, Olivier de Serres ou Gasparin. 

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