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« Ce que le rire métamorphose » : compte-rendu

Ce dernier vendredi, dans le cadre des soirées Philo-Sorgues organisées par la Société Littéraire, Pierre Pasquini nous entretenait du rire.

Partant de l’exemple des comédies de Molière, démonstration fut faite du pouvoir du rire que l’on provoque en soulignant les excès de certains comportements (Tartuffe, Bourgeois gentilhomme, Précieuses ridicules). Ce pouvoir résulte du changement du regard que le public peut porter sur la réalité. Il est de même nature que celui du dessin humoristique.

 

La force du rire que peuvent provoquer les mots, les dessins, voire les sons, amène à se poser les questions déontologiques : jusqu’où peut-on aller ? peut-on rire de tout ? Il est certain que les « cibles » des rires useront de tous les moyens à leur disposition pour restreindre la liberté d’expression.

Rabelais, en son temps, a voulu sauvegarder le moral de ses malades en les faisant se gausser des aventures de Pantagruel. Tout en en extrayant, si le cœur leur en disait, la « substantifique moelle » ! Ah ! que les « guerres picrocholines » avaient de vertus thérapeutiques !

A côté du « rire recherché, utilisé » la spontanéité du rire et même du fou rire peut résulter de l’imprévisibilité de certaines situations : lapsus, chutes…

Loin des contractions musculaires convulsives du visage, des organes respiratoires et phonatoires, de légers mouvements des traits du visage sont des ébauches de rire. On leur donne l’appellation de « sourire ». Certaines représentations en sont célèbres (Joconde, Ange de Reims). Les significations des sourires peuvent être fort diverses, pas toujours charitables !

Le mot « rire » est partie prenante de nombre d’expressions courantes (rire jaune, rire sous cape, fou rire, mieux vaut en rire, mourir de rire, le mot pour rire, pleurer de rire…). Telle est bien la démonstration que le rire est une manifestation de la vie !

Le rédacteur de ce texte ne résiste pas au plaisir de citer un conseil d’Alphonse Allais : « Méfiez-vous des gens qui ne rient jamais, ce ne sont pas des gens sérieux ».