La distribution du courrier avant 1830

En regard du présent article, voici la copie d’une lettre, datée du 2 novembre 1829, qui est adressée « à monsieur de Blégier de Pierregrosse chez le baron de Lagarde au château de Fontgaillarde près Sorgues ».

En 1829, le service postal rural n’était pas organisé en France (il fallut attendre avril 1830)1. Notre village était dépourvu de bureau de poste, il n’y en avait que huit dans tout le Vaucluse. Le bureau de Pernes avait fonctionné par intermittence de 1793 à 1798, puis en 1814, mais il était fermé en 1829.

Avant la création du service postal rural, soit les personnes allaient chercher leur courrier au bureau, soit ce courrier était acheminé par des « piétons »2 qui assuraient ainsi un service postal secondaire. ils étaient rétribués par les communes et non par la Poste.

Il fallut attendre novembre 1838 pour qu’une distribution soit ouverte à Sorgues. De 1830 à fin 1838, Sorgues était une «boîte rurale » d’avignon. C’était un facteur rural qui assurait la distribution.

 

Sorgues et les communes avoisinantes (Bédarrides, Châteauneuf-de-Gadagne, morières, Jonquerettes, Saint-Saturnin-lès-avignon et Vedène) constituaient l’arrondissement rural d’avignon. À partir de fin 1835, chaque commune fut individualisée par une lettre de l’alphabet apposée sur les plis recueillis dans la boîte rurale dont chaque village était alors doté.

En novembre 1838, Sorgues eut son bureau, la commune devint aussi un arrondissement rural et ses facteurs desservaient Bédarrides, Châteauneuf-de-Gadagne, Jonquerettes, Saint-Saturnin-lès-avignon et Vedène.

Le 16 août 1842, Sorgues fut élevée au rang de direction et les distributions de Courthézon et Gordes lui furent rattachées.

La lettre ci-jointe qui fut expédiée à monsieur Blégier de Pierregrosse était en port dû, c’était le destinataire qui acquittait le prix du transport, selon l’usage et la politesse.


La taxe était de 9 décimes (0,9 franc), matérialisée par la marque « 9 » qui était apposée au tampon et reproduisait l’écriture manuscrite. Ce tarif de neuf décimes était en vigueur, depuis le 1er Janvier 1828, pour une lettre ne dépassant pas sept grammes et demi et circulant entre deux bureaux distants de 500 à 600 kilomètres, distance mesurée en ligne droite.


Docteur Lucien Bremond
Auteur du livre épuisé «Les boîtes rurales du Vaucluse » Autoédition

1 Ce fut une des dernières actions de Charles X qui fut roi de France de 1824 à 1830.

2 Le piéton, c’était un terme employé par l’administration : facteur rural, messager qui faisait à pied le service de la poste dans les communes rurales.