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Fauchage, moisson et battage au domaine forestier en 1932

De 1907 à 1928, Marius et Thérèse Héraud furent fermiers au domaine Forestier, chemin de la Traille. Pour eux les semailles, les récoltes, la fenaison, le battage des grains et les vendanges se succédaient régulièrement, d’après l’alternance des saisons.

Au début de leur exploitation, le fauchage était un travail masculin et le ramassage féminin, sauf pendant la Grande Guerre où les femmes durent remplacer les hommes qui, dans la force de l’âge, se battaient au front; la mécanisation vint plus tard. La préparation du foin au râteau était longue, on calculait qu’il fallait, pour un faucheur, quatre femmes pour faner.

Sur la photo ci-contre, prise en 1932, on voit monsieur Héraud couper à l’aide d’une faucheuse mécanique tractée par deux chevaux. Cet outil fut inventé dès la seconde moitié du dix-neuvième siècle. il rendit la fauchaison plus facile et plus rapide.

Antérieurement pour le fauchage des prairies, les paysans se servaient de la faux, c’était un outil à main qu’il fallait manier à une cadence régulière avec un coup d’oeil précis. C’était un métier de forçat !

La moisson et le battage

Après la fenaison venait le temps de la moisson des blés, les jours étaient comptés, il ne fallait pas que le grain soit trop lourd pour l’épi. aussi, toute la famille participait, d’autant qu’à cette époque la moissonneuse-batteuse, qui séparait le grain de la paille, nécessitait la présence d’un personnel nombreux.1

Auparavant, une fois la moisson achevée et rentrée à la ferme, il fallait dépiquer le grain de la paille. À Sorgues, on utilisait un procédé séculaire qui consistait à presser le grain de l’épi par des rouleaux de pierre tronconiques, antérieurement en faisant fouler les gerbes par les pieds des animaux. au début du dix-neuvième siècle, un groupe d’habitants de notre commune fit l’acquisition indivisément de la place de la mairie, actuellement dénommée la place des «iero»2, afin de pouvoir y dépiquer le blé.

Francis Héraud, Paul establet, raymond Chabert

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(1) en 1834, c’est l’américain Cyrus mac Cormick qui obtint le brevet de la moissonneuse mécanique. La même année, un autre américain, Hiram moore, s’assurait le brevet de la moissonneuse-batteuse.

(2) iero : terme provençal pour désigner une aire à dépiquer ou à battre le grain, Le Grand Trésor, Frédéric mistral, tome 2, édition Delagrave, 1932.