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Réclames peintes sur les murs 1900-1960

Témoins d'une époque révolue, où le « jetable » et l'éphémère n'étaient pas de mise, les réclames peintes sur les murs, tentent de ne pas disparaître. Car depuis le temps qu'elles s'affichent elles ont résisté aux épreuves des intempéries, des modes et de l'absence d'intérêt du monde. Pour certaines, elles ont été brossées il y a près d'un siècle.

Les méthodes utilisées pour obtenir l'information commerciale étaient sans aucune fioriture. C'était productif pour les commerçants, les artisans et les industriels : ils faisaient connaître durablement leur existence. Ils présentaient un produit, un service, une possibilité de restauration et d'hébergement. Elles étaient placées sur les façades des maisons bien en vue pour les Sorguais et les gens de passage.

À présent, les affiches publicitaires semblent conçues expressément pour frapper l'oeil et la mémoire du lecteur avant de rapidement disparaître. Elles sont fixées sur des supports en bois fer aluminium.

Bien de ces placards que l'on peut dater approximativement entre 1930 et 1960 sont encore visibles dans la traversée, l'entrée et la sortie de la ville par l'ancienne route nationale 7; à condition de lever les yeux pour apercevoir ces images presque fantomatiques. Parfois, ce ne sont que de vagues traces qui persistent, mais certaines demeurent lisibles et visibles. Un petit voyage dans le temps à la portée de tous dont voici quelques exemples encore présents à Sorgues.

1) Ce mur publicitaire en bordure de la RN7 avant de bifurquer sur la déviation de Sorgues, indique la présence de l'usine des engrais MICHEL, la couleur du panneau peint est encore correcte. Le lierre qui l'envahit la recouvre en partie.

 

2) En venant d'Orange, on franchit la rivière qui baigne la ville de Sorgues. La grande maison que l'on aperçoit à la gauche du pont se prête parfaitement à l'accueil des annonces peintes. Celle qui invite à aller se reposer à l'hôtel d'Europe à Avignon doit être centenaire.

3) Le pont dépassé, entrons dans Sorgues : un pan de mur incitait les voyageurs à s'arrêter à l'hôtel des Frênes à Montfavet.

Traversons la ville en suivant la RN7.

4) Bien que défraîchie, peinte sur un grand mur blanc, une enseigne annonçait la présence d'un garage automobile dont le propriétaire était M. CURI.

5) À l'arrière du même réparateur automobile, une publicité pour les huiles motrices de la marque IGOL.

6) On trouvait tous les meubles d'intérieur chez Mme LIGI.

7) En partie effacée, une annonce nous indique la possibilité de passer son permis de conduire.

8) Magasin PEYTIER, toute l'électricité et la radio.

9) En sortant de Sorgues, en direction d'Avignon, peu lisible et peinte verticalement, « LES SALAISONS ACHARD »

10) Quelques centaines de mètres au-delà de la maison ACHARD, un chemin s'ouvre sur la gauche, caché par le lierre, une plaque métallique, peu lisible, signale l'accès à l'usine RIVOLIER. (fabrique de landaus et literie pour les enfants)

Si aujourd'hui elles sont encore présentes, elles souffrent de l'outrage du temps et du déclin de leur utilité. Elles sont destinées à disparaître sous un ravalement de façade ou des panneaux de publicité modernes et éphémères.

Alain Sicard

Extrait de la 24ème édition des Etudes Sorguaises "Sorgues, gens oubliés, lieux disparus" 2013