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L'usine Héraud, « ERO » Sorgues

1908 - M. Régis Héraud possède un atelier de mécanique générale, serrurerie et ferronnerie, route d'Avignon.

1936 - Au décès de leur père, mes sieurs Raymond et Robert Héraud prennent la succession et ils dirigent l'entreprise dans le sens de la chaudronnerie — tôlerie et ils s'installent avenue Cessac. Un premier brevet pour la réalisation de gazogènes pour automobiles et camions est obtenu en 1936.

1940-1945 - La guerre éloigne M. Robert Héraud de Sorgues. L'activité est assurée par son frère, la période est favorable à la vente de gazogènes pour l'équipement de camions. Par la suite, l'entreprise est orientée vers le matériel électrodomestique et sanitaire, tout en continuant la tôlerie (citernes).

1948 - Cette production s'intensifie pour constituer la base des fabrications de chauffe-eau et cabines de douche. Le personnel s'accroit.

1954 - M. Raymond Héraud part au Brésil pour créer une unité de matériel sanitaire en tôlerie. M. Robert Héraud décide alors de transformer la S.A.R.L. en société anonyme et de construire une nouvelle usine mieux adaptée aux propositions d'avenir.  

1956 - Un terrain de 17 hectares est acheté en bordure de la RN7, au quartier de la Malautière.

1958 - La société quitte l'avenue Cessac pour l'usine de la Malautière.

1961 - Sous le sigle ERO, la petite fabrique de chauffe-eau électriques est devenue au fil des ans une importante usine de construction de produits électro-ménagers, d'une surface couverte de 4, 2 hectares, et qui emploiera jusqu'à 520 personnes. Elle occupe un des premiers plans dans l'industrie française d'équipement d'électroménager sanitaire : la production annuelle atteint 2500 chauffe-eau, 6000 cabines de douches et blocs toilettes.

Les diverses fabrications : les chauffe-eau classiques, à accumulation de tous types (muraux, stables, verticaux ou horizontaux), des modèles spéciaux à cuve inoxydable, à fonctionnement mixte, permettent également d'obtenir de l'eau chaude à partir du chauffage central ou d'une cuisine, dans des capacités de 15 à 1000 litres. La gamme s'enrichit de cabines de douches puis de blocs de toilette permettant de grouper dans un minimum de place lavabo et bidet escamotable.

Une nouvelle organisation commerciale naît avec une force de vente répartie en 17 territoires et avec la mise en place d'une politique de partenariat et le développement à l'exportation.

1963 - Pour répondre aux nombreux problèmes d'usinage posés par l'évolution de la production, une filiale (CHM Constructions Mécaniques Héraud) est créée et se développe pour s'étendre aux clients extérieurs.

 

1966 - La société élargit encore le champ de ses activités avec la fabrication de chaudières à mazout à corps d'acier dont les puissances étagées sont de 1000 à 90 000 kcal/h (unité de mesure thermique qui signifie kilocalorie/heure), ainsi que les ballons d'eau chaude, les chaudières industrielles, les générateurs d'eau chaude. L'ensemble est commercialisé sous le sigle « ERO Thermie ».

1968 - M. Héraud est victime d'un infarctus qui l'éloigne temporairement de ses activités. Ses collaborateurs directs font la liaison entre son domicile et l'usine. Il reprend progressivement son activité.

1969 - Pour faire face aux exigences de l'heure mais aussi préparer le confort de l'an 2000 ; la société rachète au groupe Thomson le département électrique (Thomselle) comprenant les convecteurs directs et les radiateurs à accumulation.

1971 - Apparaissent les chaudières à gaz et électriques.

1972 - Arrivent les brûleurs à mazout.

1973 - Sur les recommandations renouvelées de son médecin, M. Héraud envisage de céder son entreprise. Début septembre 1973, la vente à un industriel allemand est signée.

Octobre 1973. Surviennent la guerre du Kippour et le premier choc pétrolier. Les états producteurs du Proche Orient décident une hausse de 70 à 100% du pétrole brut, suivie d'une nouvelle hausse en janvier suivant.

Le marché des chaudières s'effondre. Pour faire face à la crise de l'énergie de nouveaux types de chaudières sont fabriqués, avec récupération de la chaleur des fumées, précurseurs des chaudières à condensation, et des ballons avec échangeur nouvelle génération. Une gamme de capteurs solaires est mise à l'étude.

Après le départ de Robert Héraud, la nouvelle équipe mise en place par les repreneurs se révèle impuissante à maintenir l'équilibre de la société.

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1977 - La société dépose son bilan. Le syndic demande à M. Héraud de reprendre la direction de l'usine afin de préparer un plan de redressement dans le cadre de la procédure de règlement judiciaire. Il parvient avec l'effort de tous à dégager à nouveau des résultats positifs.

1981 - Le concordat est accordé et M. Héraud se retire. Une nouvelle équipe se met en place.

Mai 1983 - Nouveau dépôt de bilan. Des repreneurs se présentent, mais la transaction n'aboutit pas.

Mars 1984 - Fermeture définitive de l'entreprise.

Par la suite, sur cette friche industrielle naîtra le village d'entreprises ERO, aujourd'hui encore existant dans cette enceinte du quartier de la Malautière.

Pendant plusieurs décennies, monsieur Héraud dirigea son entreprise en gestionnaire avisé, au sens inné du commerce et de l'organisation, menant une politique « paternaliste » (c'était l'époque !)

Le personnel dans son ensemble était fier d'appartenir à cette industrie d'avant-garde. On se rappelle tous des nombreux camions estampillés ERO portant au quatre coins de France le nom de notre ville de Sorgues !

Robert DEYMIER

Extrait de la 23ème édition des Etudes Sorguaises "Jadis & aujourd'hui ici, recherches & récits" 2012